Sécheresse
Angoissante, voire déjà catastrophique : telle est la situation décrite par de nombreuses filières agricoles alors que la sécheresse devient historique et qu’aucune perspective d’amélioration ne se dessine à court terme. « La prise de conscience des éleveurs et des agriculteurs vis-à-vis du changement climatique ne date pas d’hier, mais c’est la première année où les interrogations sur l’avenir sont à ce point partagées », commente Hugues Falys, porte-parole de la fédération Fugea. « On en arrive à un point où on se demande non seulement comment mais surtout si on pourra s’adapter. »

Catastrophe pour les tubercules
C’est dans les champs que l’impact de la raréfaction de l’eau est le plus visible. Il suffit d’y jeter un œil pour constater la sécheresse de la terre et imaginer que les rendements attendus par les agriculteurs en seront pénalisés. Il faut cependant y distinguer les cultures d’hiver (récoltées, comme les céréales, en été) et celles de printemps (récoltées, comme les betteraves, à l’automne).
« Les cultures d’hiver ont été affectées par les fortes chaleurs de la fin juin et par la sécheresse de juillet, mais après avoir heureusement bénéficié d’un printemps favorable », commente Charles-Bernard Héger, agriculteur à Andenne. « Le rendement du blé, par exemple, ne sera pas exceptionnel, mais il est trop tôt pour en évaluer l’impact sur la rentabilité en tant que telle, car il faut voir comment vont évoluer les prix. L’an dernier, les rendements avaient été bons mais les prix n’avaient pas répondu aux attentes. Nous sommes sur un marché mondialisé, dont même les soubresauts dans le détroit d’Ormuz influencent les prix désormais… »
L’avenir s’annonce en revanche d’ores et déjà bien plus sombre pour les cultures de printemps comme les betteraves ou les pommes de terre. Pour ces dernières en particulier, privées d’eau en pleine croissance, les chutes de rendement s’annoncent catastrophiques, étant d’ores et déjà estimées à 30 %, voire 50 % si la pluie n’arrive pas dans les prochaines semaines. Pour les agriculteurs, nombreux, qui se sont lancés dans cette culture en y étant attirés par la forte demande de l’industrie, le choc financier risque d’être rude, après deux années qui ne furent déjà pas très rémunératrices. « Il y a la crainte pour les rendements, mais aussi pour les calibres qui sont exigés : les pommes de terre trop petites risquent d’être rejetées par les industriels », s’inquiète notre interlocuteur.